top of page

Q&R avec Ines Bejar Bey, CEO @ MyMall.tn

Dernière mise à jour : 16 avr. 2022

Q&R Exclusif de Trusted Magazine avec Ines Bejar Bey, CEO @ MyMall.tn


Comment pourriez-vous décrire votre parcours professionnel en quelques mots ?


Mon parcours professionnel est assez atypique, quoique de plus en plus courant de nos jours. J’ai obtenu mon diplôme en Sciences Pharmaceutiques en 2006 en Belgique, dans l’optique tout d’abord de suivre les traces de ma mère et ma sœur. J’ai toujours aimé le domaine scientifique et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai réalisé ces études. Cependant, le quotidien du travail en officine ne m’a jamais vraiment attiré, j’avais besoin de plus de défis, de challenges. J’ai donc au départ pensé à passer le difficile concours de résidanat en biologie dans l’optique d’ouvrir un laboratoire d’analyses, mais le destin en a voulu autrement. Un mariage, une grossesse et un fils ont eu raison de mon insouciance d’étudiante et ont développé en moi l’envie d’entrer dans la vie active et de tracer mon chemin.

L’idée des ventes privées m’est venue simplement en constatant ma frustration personnelle quant à l’absence de ce genre de plateformes en Tunisie. Friande de bonnes affaires, j’étais moi-même une cliente fidèle de ce genre de site en Europe.

J’ai donc commencé à m’intéresser aux domaines du retail, de la tech, de l’entreprenariat et je me suis lancée après 1 an de recherches et d’interrogation sur le sujet.



Quelle a été votre expérience la plus difficile et qui a changé votre état d'esprit ?


Sur le plan personnel, le plus difficile a été tout d’abord de prendre la décision de ne pas suivre une voie toute tracée, qui semblait être la plus simple, pour emprunter un chemin inconnu. Ne pas céder à la facilité quand l’entourage se questionne sur vos choix a été une réelle épreuve et m’a permis de me découvrir plus courageuse que je ne le pensais.

Sur le plan professionnel, ce qui a radicalement changé ma manière de voir les choses ont été les premiers « échecs ». Quand on a la tête dans le guidon, on a l’impression que le monde entier tourne autour de notre projet, mais comme vous vous en doutez ce n’est pas du tout le cas, et rapidement les premiers refus/échecs se sont présentés. Le plus important a été de tirer des enseignements de ces « échecs », et cela a été aussi une source de motivation.

Une autre expérience difficile mais tout aussi enrichissante a été ma participation à un programme d’accélération. Pendant plusieurs mois, le rythme a été très soutenu, l’apprentissage aussi, j’ai réellement pris conscience de toute l’ampleur du domaine dans lequel je suis plongée, et ce n’est que le début.

Le but maintenant étant de travailler sur une deuxième levée de fonds pour permettre à l’entreprise de s’agrandir et de s’exporter.



Lorsque vous êtes surpris par un contexte inhabituel ou incertain, que pensez-vous ?


Vu le parcours que j’ai choisi, l’incertain est bien ce que je recherche. Je trouve très motivant de se lever le matin sans savoir de quoi ma journée va être faite. Ce que je dis toujours à mon équipe c’est que mon travail en réalité c’est de résoudre les problèmes. Si tout va bien, et qu’il n’y a aucun problème à gérer c’est que quelque chose cloche !

Face à la difficulté, je plonge dans le problème jusqu’à trouver la solution. Quelque fois la solution est rapide, d’autre fois, c’est un travail de fond, de recherches, qui peut prendre plusieurs mois. Le plus difficile lorsqu’on est plongé dans un sujet qui nous captive est de ne pas s’oublier, oublier sa vie sociale et familiale, et de garder les pieds sur terre.



D'après votre expérience, quel est le facteur clé de succès pour une femme entrepreneur dans un contexte interculturel ?


La question est étrangement pertinente. Dans un monde parfait, on ne devrait pas se poser la question, homme ou femme cela ne devrait rien changer dans le milieu professionnel. Malheureusement, en pratique c’est bien différent.

Pour le moment, d’après mon expérience en Tunisie, il n’est pas plus difficile de se faire respecter qu’un homme. Nous sommes assez bien logées à ce niveau-là et j’en suis très fière.

Les femmes sont forte et se soutiennent, beaucoup d’associations, de collectifs et de groupes sont formées dans cet esprit.

Un des facteurs de réussite en tant que femme est de savoir mettre à profit toutes les avancées qui ont été faites pour nous et de bien s’entourer.



D'après votre expérience, quel est le facteur clé de succès pour une femme leader/manager ?


La vie d’une femme entrepreneure peut vite devenir compliquée.

On peut se laisser submerger par la charge mentale qui grandit au fur et à mesure que le projet initial prend forme. J’ai été confrontée à cela, comme beaucoup d’autres femmes entrepreneures, la gestion du foyer, des enfants, du mari, de l’entreprise peut mener au burn-out.

Il faut être vigilante et à l’écoute de son corps et de son entourage, comprendre qu’on ne peut pas être une mère parfaite, une épouse parfaite, une cheffe d’entreprise accomplie, avec une maison toujours impeccable, des enfants bien coiffés, une voiture bien lavée, des amis et une vie sociale remplie, qui fait du sport, qui emmène ses enfants en balades quotidienne, qui prépare les repas et est toujours tirée à 4 épingles ! Ça n’existe pas, ou en tout cas, pas sans aide !

J’ai donc fais face à une remise en question, pendant laquelle j’ai mis noir sur blanc mes priorités, et devinez-quoi ? Le travail n’est pas ma priorité, c’est mon épanouissement personnel qui l’est ! Mon épanouissement passe entre autre par mon travail mais tout est une question d’équilibre.

Aujourd’hui je me sens épanouie et pour moi, c’est ça le succès.



0 vue0 commentaire
bottom of page