top of page

Q&R avec Rahma Kaaouana

Q&R Exclusif de Trusted Magazine avec Rahma Kaaouana

Comment pourriez-vous décrire votre parcours professionnel en quelques mots ?


J’ai fait des études supérieures en informatique puis en finance (double master, le premier en Tunisie et le second en France), je n’avais pas prévu de travailler dans le marketing.

Tout est parti d'une succession d'événements ! Débutante dans la vie active en tant assistante financière, mon manager de l’époque a su déceler en moi, un potentiel en marketing. L’entreprise était une agence de production, je participais aux réunions de suivi de projet en ayant une position de contrôle de gestion et de fil en aiguille, je me suis intéressée et ai décelé une vocation en marketing. J’ai donc changé de service et j’ai commencé à travailler dans le marketing B2C. Puis j’ai rejoint une entreprise dans le monde de la RH dont le service marketing était positionné en B2B2C. A la suite, j’ai fait le pari de rejoindre une start-up en démarrage (HRMAPS) dont le service marketing était inexistant, cela fait maintenant 7 ans.

J’ai donc structuré l’intégralité du service marketing, de la mise en place de la stratégie jusqu’à sa mise en œuvre, les lancements de produits, les outils d’aide à la vente pour les commerciaux et les partenaires, la communication, l'événementiel… Et c’est ainsi que je suis arrivée au poste de directrice marketing en B2B. C’est extrêmement challengeant de travailler dans un domaine nécessitant réactivité, remise en question et ténacité, et c’est pour ça que j’ai rejoint cette entreprise à l’état de projet.



Quelle a été votre expérience la plus difficile et qui a changé votre état d'esprit ?


Je travaillais dans des entreprises avec des équipes constituées, des process établis et des feuilles de route claires et j’ai rejoint une entreprise où rien n’existait ! C’était difficile de démarrer de zéro, je n’avais ni dossier de passation ni prédécesseur pour m’orienter, et les attentes étaient nombreuses. J’ai été confronté à un double challenge, produire dans des délais courts et prendre du recul et le temps nécessaire pour mettre en place les processus. Habituée à l’action opérationnelle, j’ai acquis une vision stratégique. Je suis passée d’une position exécutante avec des capacités d’animation à une posture de manager et d’organisatrice. Cette posture acrobatique m’a appris à raisonner sur deux plans, porter la vision / le plan stratégique et m’assurer de la bonne mise en œuvre des actions.

J’ai pris conscience de l’importance de la mise en place des process et que la valeur « Exigence » était l’essentiel pour mener une équipe vers le succès.



Lorsque vous êtes surpris par un contexte inhabituel ou incertain, que pensez-vous ?


Le marketing n’est pas une science exacte, on est confronté à des incertitudes.

Ma double casquette production et management m’a appris à avoir de la souplesse d’esprit et à faire du problem solving. Au lieu d’être résolument orientée solution immédiate, je prends le temps de réfléchir, de me poser les bonnes questions et d’établir les vraies problématiques. Je prends le recul nécessaire, je me base le plus souvent sur des indicateurs et des statistiques pour apporter des réponses rationnelles. J’analyse l’intégralité des données systémiques afin d’apporter la bonne réponse, le bon comportement ou la solution pertinente et réfléchie.



D'après votre expérience, quel est le facteur clé de succès pour une femme leader / manager ?


En France, une femme a presque deux fois moins de chance qu’un homme de devenir manager ou cadre dirigeante (conclusion du rapport du Cereq). Les mentalités évoluent, et même si le sexisme ouvert envers les femmes n’est plus admis, il reste encore des attitudes discriminantes pour le management féminin à cause de préjugés encore tenaces. Je n’ai jamais eu de problème à manager mes équipes, jeunes collaborateurs qui se montrent rapidement réceptifs, mais j’ai du surmonter des écueils face à des managers qui érodent l’autorité au féminin et se montrent clairement réfractaires. Pour s’imposer à la tête d’une équipe et face aux cadres dirigeants, une femme manager est souvent contrainte de mettre les bouchées doubles. La clé du succès est la confiance en soi et en son travail. C’est par le travail que se gagne la crédibilité. Outre les qualités de ténacité et d’autorité que font un bon manager, une femme manager a des qualités inestimables qu’elle doit apprendre à mettre en avant : capacité d’écoute, souci des autres, empathie, ténacité, rigueur… les femmes managers sont aussi réputées plus collaboratives et consensuelles. Autant de soft skills importants dans un univers professionnel mouvant !

Mon conseil pour toutes femmes qui aspirent à un poste de management : maîtriser les techniques d’affirmation de soi. Cela parait simple mais malheureusement ce n’est pas inné et personnellement j’y travaille tous les jours.

0 vue0 commentaire
bottom of page