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Q&R avec Mounia Malti

Dernière mise à jour : 24 juil. 2023

Q&R Exclusif de Trusted Magazine avec Mounia Malti , Responsable Attijari Academy

Mon parcours professionnel & mon expérience en tant que Manager Femme


Je qualifierai mon parcours professionnel, réalisé entièrement au sein de la même institution, de riche, varié et également de formateur, au-delà des aspects professionnels.

Le milieu bancaire est connu pour être une grande école avec des trajectoires de carrière multiples, surtout lorsqu’il s’agit d’un Groupe au rayonnement international. Il suffit de faire ses preuves et d’être patiente. Comme disait un de mes anciens managers : « Pour faire carrière à la banque, il faut être marathonien et non sprinteur ». N’étant pas adepte de l’athlétisme, la citation de La Fontaine « Rien ne sert de courir… » a pris tout son sens pour moi ! J’ai eu la chance d’intégrer un Groupe qui croit en la promotion interne : « Démarrer petit, construire ses armes, faire ses preuves sur le terrain… ensuite, évoluer », tel est l’esprit maison qui a pu mener plus d’un, jusqu’aux plus hauts niveaux de l’organigramme… C’est, à mon sens, le moteur derrière le développement fulgurant qu’a connu le Groupe au cours de ces deux dernières décennies.

J’ai été donc recrutée, tout juste sortie d’école, à la veille de mes 24 ans, dans un poste junior. Il fallait faire quasi-abstraction de tout ce que j’avais appris sur les bancs de classe et démarrer mon réel apprentissage terrain. La banque est un monde vaste qui offre plusieurs perspectives d’évolution de carrière, et le passage par l’agence est indispensable pour évoluer vers d’autres métiers. Grâce à mes managers et aux experts métiers qui furent de réels mentors pour moi, j’ai pu rapidement développer mes compétences bancaires. Mais il fallait davantage pour faire sa place dans un environnement interne mouvant, face à une clientèle exigeante, difficile et parfois même hostile. Première leçon professionnelle : développer son portefeuille de compétences techniques n’est pas le plus difficile ; il est nécessaire…mais non suffisant. J’ai découvert une nouvelle compétence intitulée « l’intelligence relationnelle », qui elle, se développe plus lentement, avec la prise de conscience, la maturité et surtout l’expérience de vie.

Après donc 5 années et 3 postes différents, je me suis retrouvée à gérer une équipe de 11 personnes dans le cadre d’un projet RH structurant. C’est là où, très vite, ma deuxième leçon professionnelle fût : on ne s’improvise pas manager du jour au lendemain, on apprend à le devenir. Certains diront qu’on naît leader. Je dirai qu’on naît avec cette prédisposition, mais quoi qu’il en soit, surtout pour une femme, un apprentissage dans le temps et souvent dans la douleur, est obligatoire.

J’ai rapidement découvert mon amour pour les métiers RH et une réelle vocation pour la formation. C’est le métier que j’exerce encore à ce jour, sur lequel j’ai bâti ma carrière, et qui m’a fait grandir à plus d’un titre. Troisième leçon : exercer un métier qu’on aime déteint sur notre propre performance et celle de notre équipe.

En tant que femme, évoluer dans les RH m’a donné autant d’opportunités qu’à mes homologues hommes et plus encore... La fonction RH s’est féminisée au fil des années. Toutes les études le prouvent, la femme, avec toute sa sensibilité, y a largement sa place. Et j’ai eu cette chance.

En tant que femme manager, le combat et les obstacles en RH sont les mêmes que nous connaissons toutes : il faut, pas à pas, prouver que nous ne sommes pas forcément limitées par notre situation matrimoniale, une recherche de stabilité, un manque de témérité, ou une difficulté à être aussi mobile géographiquement qu’un homme… Les clichés culturels nous collent encore à la peau… Quatrième leçon : il faut plus de temps et d’effort à une femme pour grimper les échelons en comparaison avec ses collègues hommes…


L’impact des grands changements récents


Notre groupe était déjà lancé, depuis plus d’une décennie, dans une transformation du travail motivée par les évolutions du marché et surtout, de la technologie. La transformation digitale était le maître mot de nos deux précédents plans stratégiques, et ça continue… La crise mondiale de la Covid est venue dramatiquement accélérer cette transformation, disruptive par rapport à des pratiques anciennes, et à tous les niveaux. Cette crise sanitaire a donné une urgence à laquelle nous n’étions pas forcément préparés, même dans les prévisions de crise les plus pessimistes. Personne ne s’attendait à la Covid, et encore moins, n’y était préparé !

Nous avons donc dû nous lancer, la foi chevillée au corps, dans des projets de redéfinition du travail. Je suis fière de pouvoir dire que, forts du soutien et de la confiance de nos dirigeants, nous avons su relever le défi au-delà des espérances et de démontrer une capacité d’adaptation qui a surpris plus d’un, à commencer par nous-mêmes...Mon manager direct, avec sa casquette de Directeur du Capital Humain du Groupe Attijariwafa Bank, a joué le rôle du patriarche, en mettant le collaborateur au centre des préoccupations, en assurant sa protection et son soutien. Assurer l’activité à effectif réduit a été un véritable challenge. Il a su gérer cette situation avec habilité, ouverture, sérénité, bienveillance, subtilité, proximité…. Les autres responsables ne pouvaient que suivre l’exemple, chacun dans son domaine de prédilection.

Aussi, le résultat quasi-immédiat a été l’émergence de nouveaux modes de travail : télétravail, utilisation de nouveaux outils collaboratifs et de nouvelles techniques de travail en distanciel…sans oublier bien sûr, l’évolution des métiers : disparition de certains et émergence de nouveaux. Mais comme nous le savons tous, au sein de notre Groupe, les métiers peuvent changer et même disparaître, mais pas les talents.

Sans aucune visibilité du lendemain, l’agilité et la créativité furent des compétences clés dont les managers ont fait preuve pendant cette période. L’explosion de la Covid nous a poussés à découvrir et adopter un nouveau mode organisationnel et de nouvelles pratiques managériales.

Je ne cache pas que l’exercice fut difficile pour moi, mais l’assumer rapidement était une priorité et, littéralement, une question de survie. L’activité formation et accompagnement au développement de nouvelles compétences a pris de l’ampleur et de l’envergure. Reconversion, polyvalence, soft-skills, expertise technique… l’enjeu de la formation fut important. De nouveaux canaux d’apprentissage, un digital learning puissant, de nouvelles méthodes pédagogiques impactantes, de nouveaux outils en ligne d’évaluation des acquis… je peux dire que tous ces changements ont connu une implémentation réussie et une appropriation progressive grâce à l’implication et la capacité d’adaptation de l’équipe Attijari Academy, des formateurs, des experts métiers, des managers et des apprenants



Les perspectives pour 2023


Il est indéniable que nous avons tous été marqués en cette fin d’année par l’exploit incontestable de nos lions de l’Atlas, au cours de cette coupe du monde Qatarienne. Eliminer 3 des meilleures équipes du monde pour arriver en demi-finale a fait le buzz au niveau de tous les médias et à l’échelle de tous les pays. L’engouement ressenti pour ces jeunes, méconnus pour la plupart, la jeunesse de l’entraineur, l’exemplarité des supporters marocains, … ont dépassé largement les frontières du Maroc, de l’Afrique, du monde arabe et du monde musulman, pour devenir un phénomène mondial.

Tous les pronostics étaient largement en faveur des équipes contre lesquelles le Maroc a gagné. On peut débattre longuement de tous les facteurs, directs et indirects, qui, regroupés, ont créé la magie. Je me limiterai à dire, que, ramené au monde de l’entreprise, le rôle, l’implication, l’esprit d’appartenance et l’état d’esprit du manager ont déteint sur le mindset des joueurs et leur performance.

Le concept managérial de « Niyya », cher au sélectionneur national, a constitué un levier formidable de mobilisation et de réussite. Cela a renvoyé à la fois aux notions de travail, d’effort, de régularité, de persévérance, d’ambition, de surpassement, d’esprit d’équipe, de solidarité, de résilience… le tout, combiné à des valeurs intrinsèques et communes, et le miracle s’est produit... La technicité était indéniablement au rendez-vous, mais, face à des ténors aguerris avec plusieurs consécrations, ça n’a pas été la réelle clé de la réussite.

Comment ne pas s’imprégner, dans sa pratique managériale, de ce modèle qui a rendu le rêve réalité !

En 2023, de belles résolutions managériales se profilent : donner plus de marge à l’équipe, favoriser la prise d’initiative, considérer l’échec comme apprentissage, accompagner, coacher, s’auto-former, innover, travailler en intelligence collective ... Quel que soit le profil, quelle que soit la fonction occupée au sein de l’équipe, on joue collectif et on gagne collectif. Une fois la stratégie établie, c’est le joueur qui a le ballon au pied sur le terrain qui est le mieux à même d’apprécier l’opportunité qui se présente. La meilleure façon de faire avancer le jeu est d’utiliser la synergie du groupe pour atteindre le but. Le manager lui, se doit de donner de l’espace et de la confiance à tout moment, et du feedback quand il le faut.

En conclusion, je dirai que croire en notre équipe, en son potentiel, en ses compétences et en sa réussite, au-delà du slogan de la maison au sein de laquelle j’ai pu grandir, c’est croire en nos rêves de rendre l’impossible possible.

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