La transition financécologique !

Par Noël le Floch, Directeur Général (Nouvelle Aquitaine) chez Lafargeholcim / Président du SNBPE Nouvelle Aquitaine.


Une stratégie long terme pour satisfaire les attentes des clients, pour répondre aux enjeux environnementaux ou une stratégie court terme pour satisfaire les exigences des marchés financiers ? Partant du postulat que la satisfaction des clients ou encore la prise en compte des enjeux environnementaux nécessitent du temps, des investissements et de nouvelles compétences humaines, on s’aperçoit très vite que cela n’est pas forcément compatible avec les exigences court terme des résultats financiers et boursiers.


Aujourd’hui, les sociétés cotées en Bourse sont sous le joug des analystes financiers qui scrutent chaque trimestre les évolutions performantielles des sociétés en comparaison avec leurs concurrents des mêmes secteurs d’activité. Cette compétition farouche pose la question des stratégies long terme et des actions qui sont prises en interne dans les sociétés pour répondre à ce dilemme résultats financiers court terme versus développement long terme. A l’instar du conte folklorique des 3 petits cochons , devons-nous agir vite et satisfaire le besoin d’urgence de résultats ou accepter de prendre un peu de temps pour avoir un résultat plus solide et durable ? Cette lecture triviale de ce conte apporte une réponse , a posteriori, évidente mais qui ne l’était pas tant que cela a priori …


Devons-nous en conclure que la bourse détruit toute forme de créativité et de progrès long terme, bien sûr que non ! C’est un excellent moyen de lever des fonds, d’accélérer les processus de changement, de comparer les performances dans un même secteur d’activité ou encore d’attirer les fonds vers les sociétés avec un potentiel de développement…


Dans ce contexte, les grands Groupes côtés sont-ils condamnés à se focaliser sur leurs coûts et maintenir des organisations les plus « lean » possible tout en étant suffisamment flexible pour acquérir des start up en développement et ainsi capter le potentiel de créativité et d’innovation de sociétés plus petites ? C’est sans doute une évolution sensible qui se dessine avec des directions financières dont le rôle est renforcé et des directions stratégiques qui doivent assurer la veille des marchés et des sociétés innovantes.


Mais ce n’est pas aussi simple et manichéen car il s’agit de trouver le bon équilibre entre toutes ces contraintes et il semblerait illusoire voire dangereux de se laisser bercer par les sirènes des marchés financiers. Sauf si la forte prise en compte de l’écologie au niveau mondial continue d’influencer les critères financiers et boursiers. Dans ce cas, les marchés financiers redonneront de la résonance au sens stratégique long terme des entreprises.

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